1) Etat des populations
A l'échelle du département, nous sommes toujours en présence
de niveaux de populations très hétéroclites allant de l'abondance
à l'absence totale de l'espèce.
Confrontés à des cas de figures différents en fonction
des secteurs, cette situation peut se résumer de la façon suivante.
A - Arrière pays / piémont :
La situation n'évolue pas, le lapin est quasi absent. Certaines associations,
là où l'espèce est classée gibier, tentent des opérations
de repeuplement avec des résultats souvent peu encourageants.
Dans l'ensemble, les milieux sont peu hospitaliers, trop " fermés
" et souvent plus propices au grand gibier (chevreuil - sanglier).
B - Secteur de la Salanque :
Nous sommes en présence de milieux extrêmement favorables à
l'espèce, composés de nombreuses parcelles incultes (plus ou moins
anciennes) entrecoupées de cultures maraîchères, fruitières,
de haies diverses très denses implantées sur des sols meubles.
A cette mosaïque idéale pour le lapin, s'ajoutent de nombreux talus
et des linéaires composés d'enrochements (exemple : berges de
l'Agly).
Aujourd'hui, au vu de la situation que nous connaissons et vis-à-vis
des risques de dégâts aux cultures, deux axes de travail s'imposent
:
- la maîtrise des populations,
- et le devenir de cette trop forte proportion de parcelles incultes.
C - Secteur de plaine à majorité viticole :
Les populations de lapins se maintiennent dans l'ensemble à un niveau
que l'on peut qualifier de moyen à faible. Ponctuellement, des populations
plus fortes sont observées si la proportion de parcelles incultes est
forte ou si un secteur donné est particulièrement favorable à
l'espèce.
D - Reproduction / situation début août 2004 :
A ce jour (début août), on constate le schéma habituel
dans la production de jeunes :
- Mars à juin : forte production de jeunes liée à une
disponibilité de végétaux verts très abondants (graminées
notamment).
- Juillet / août : les fortes chaleurs limitent la production de jeunes.
- Septembre / mi-octobre : Cette période est à nouveau favorable
à la reproduction et permet la production de graminées appétentes
et riches sur le plan alimentaire.
Remarque : Le printemps très humide, que nous avons connu, a limité
par rapport à une année normale la production massive de jeunes
tôt en saison.
Sur un échantillon analysé en Salanque fin juillet, la proportion
de jeunes observés était malgré tout de
79 %.
2 - Travaux sur la génétique des populations :
Les analyses menées par le Laboratoire ANTAGENE confirment pour la deuxième
fois pour un échantillon de la plaine du Roussillon que les lapins proposés
étaient bien conformes à ce que l'on peut attendre d'un véritable
lapin sauvage.
Génétiquement, les lapins des Pyrénées-Orientales
sont très proches de la souche sauvage originelle qui se trouve en Espagne.
3 - Chute toujours inexpliquée de la population de lapins de Cerdagne
au cours de l'été 2003
Des milliers de lapins sont morts en quelques semaines sur Nahuja/Osséja
et Bourg Madame au cours de l'été 2003, sans que l'on puisse disposer
de quelques animaux pour analyses.
Sur ces communes, les populations ont été éradiquées
certainement à plus de 90 %, au point qu'aujourd'hui il n'a pas vraiment
d'amorce de reconstitution de population.
Le lapin de garenne est un des éléments importants des milieux
dits " ouverts ". Sa présence conditionne l'existence d'un
cortège de faune très diversifié. Pour l'avenir, souhaitons
que nous puissions mettre en uvre des outils nous permettant de maîtriser
et de gérer ces populations.
Trouver un équilibre satisfaisant avec le monde agricole est indispensable
si l'on veut que le lapin reste l'animal de base de la chasse.
Olivier GALAUP,
Technicien FDC 66
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